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Poésies pour
LES ENFANTS
Volume 2

Chantées par
Hélène Martin, Henri Gougaud , Jean-François Gaël et Bachir Touré

Hélène MARTIN

Née en 1928, Hélène Martin, après avoir été étudiante aux Arts décoratifs et avoir suivi des cours d’art dramatique, débute à Paris en 1956 dans les cabarets de la rive gauche. Son premier disque 25 cm, en 1960, inaugure une suite de plus de 20 albums originaux. En 1968, elle crée son propre label —les Disques du Cavalier— et consacre, entre autres, un 30 cm à Lucienne Desnoues, à Elsa et Louis Aragon, à Jean Giono, à Jean Genet (pour une version intégrale du poème Le Condamné à mort qu’elle met en musique et qu’interprète Marc Ogeret), à René Char.  Par ailleurs, elle produit les albums de Henri Gougaud, de Jean Moiziard et de l’auteure Hélène Martin dans ses propres chansons puisque cette part importante de son travail est moins reconnue que ses mises en musique de poètes.
À partir de 1970, Hélène Martin réalise 22 portraits pour l’émission de télévision « Plain-Chant ». Au programme : Aragon, Tardieu, Louise Labé, Max Jacob, Guillevic, Soupault, etc. Elle réalise aussi Le choix, une série de 7 émissions pour le Ministère des Droits de la Femme.
 Parallèlement, Hélène Martin crée des spectacles musicaux dont  Terresmutilées en 1966 (sur des textes de René Char), Le Jour et la nuit ou Georges Braque en 1982, Chagall-celui qui dit les choses sans rien dire en 1992, Saluer Giono en 1995, La Douceur du bagne en 2001. Elle jalonne sa carrière par des passages parisiens très espacés :  à Bobino en 1970,  au théâtre des Champs-Elysées en 1980, aux Bouffes du Nord en 1983, au théâtre Molière en 1997.
Primée 3 fois par l’Académie Charles Cros (en 1961, 1973 et 1980), primée par l’Académie du Disque Français, puis par la Sacem en 1986, Hélène Martin devient cette même année Officier de l’Ordre des Arts et Lettres, une reconnaissance institutionnelle  de sa permanente exigence artistique et de la ténacité sans lesquelles ses projets à contre-courant des normes commerciales n’auraient pu être menés à bien.
« Ma vie et mon travail sont une déclaration d’amour » confie t-elle à Philippe Soupault dans la monographie que la collection « Poésie et chansons » de Seghers lui a consacrée  en 1974. C’est à cette aune généreuse que se comprend l’ampleur de son engagement pour la poésie et notamment pour celle des poètes contemporains. Ainsi lui est-il conféré une place majeure dans l’espace de l’expression poétique chantée.  

Hélène Martin
Discographie disponible en CD

Chante Lucienne Desnoues            980 992
La douceur du bagne                        197 632 2
Va savoir                                                985 942
Chanter Genet                                    985 702
Chante les poètes                                    À paraître

Les ENREGISTREMENTS
&
Les MUSICIENS

1 / 8 / 10/ 13 / 14 / 17 / 19 / 23 : Jean-François Gaël (direction musicale, guitare, percussions). Léo Petit (basse). Teddy Lasry (flûte, harmonica  & percussions)
5 / 6 : Jean-François Gaël (guitare). Teddy Lasry (flûte)
4 / 7 / 9 / 16 / 18 : Direction musicale Jean-François Gaël
2 / 11 / 21 / 22 : Arrangements  Jean-François Gaël
15 / 20 : Arrangements Jean-Cohen Solal
3  / 12 :
P 1971 – 1972 – 1978 - 1979 Hélène Martin
Collection dirigée par Bernard Ascal et François Dacla

POÉSIES pour les ENFANTS

À quelques exceptions près (Rutebeuf, Labé, Villon), Hélène Martin a porté son attention aux poètes du XXème siècle. Ce sont ces artistes si proches de nous que nous vous proposons d’aborder par le  jeu des correspondances. Certaines sont directes, ainsi du poème Vertige  de  Soupault à celui de Obaldia. D’autres sont plus souterraines. Le poème Bleu de bleu  de Jean Mogin  ne renvoie-t-il pas à l’univers des peintres, aux « Oiseaux » de Braque ou à nombre de toiles de Chagall  (deux artistes pour lesquels Hélène Martin a conçu des spectacles), à la période bleu de Picasso qui non seulement partagea en 1901 une chambre d’hôtel avec Max Jacob mais l’encouragea vivement à s’exprimer par la poésie ? Ce dernier, par ses pirouettes incessantes avec le langage et son appropriation des formes les plus populaires, annonce les humoristiques remises en cause de Raymond Queneau, tout autant que le vif intérêt porté par Soupault aux comptines et autres formes de la littérature enfantine. Ces deux-là participèrent au mouvement surréaliste au sein duquel ils rencontrèrent Paul Eluard dont le poème « Liberté » ouvre sur l’éternel questionnement concernant la place de la politique dans l’oeuvre d’un poète et dans sa vie. René Char par son engagement dans la résistance donne une réponse sans équivoque. Char est présent ici avec un poème affirmant sa relation essentielle avec la nature, rejoint en cela par Jean Giono. Deux hommes qui s’évitèrent,  bien qu’enracinés dans la même Provence, mais qui eurent une si grande importance dans le cheminement d’Hélène Martin. Cet écheveau de correspondances, c’est celui qui affleure dans l’amicale énumération de Cadou au sein de laquelle figure Jules Supervielle et sa « fable du monde ». Grâce aux mélodies et à la voix d’Hélène Martin et de quelques uns de ses amis, vous ne pourrez vous empêcher de démêler et de prolonger chacun de ces fils.  Au fait, à propos de bleu, n’est-il pas plutôt question de Yves Klein ou de notre planète Terre vue depuis la lune ?

Bernard Ascal

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