Né en 1887 à La Chaux-de-Fonds, en Suisse, le futur Blaise Cendrars découvre avec ses parents l’Egypte, l’Angleterre, l’Italie. De 1904 à 1907 apprenti-bijoutier à Saint-Pétersbourg, il assiste à la révolution de 1905, parcourt la Russie, aborde la Chine. Il entreprend à Berne des études de médecine qu’il abandonne en 1909 et repart : Bruxelles, Paris, Saint-Pétersbourg, New-York où il rejoint Fela qui deviendra sa femme et dont il aura trois enfants ( Odilon en 1914, Rémy en 1916, Miriam en 1919).A partir de 1912, il s’installe à Paris et dans sa banlieue où on lui connaît au moins 27 domiciles. Il publie Les Pâques à New-York puis La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France (1), fréquente Apollinaire, Cocteau, Jacob et surtout les peintres Chagall, Léger, Modigliani, Sonia et Robert Delaunay. Il fonde la revue “Les hommes nouveaux” , participe aux débats sur le “Simultanéisme”, publie dans les revues des expressionnistes allemands et des futuristes italiens, et s’adonne en 1913 à la peinture. Survient la guerre. Cendrars s’engage dans la Légion étrangère. Il perd le bras droit en septembre 1915. Son amputation l’oblige à découvrir l’homme gaucher qu’il porte en lui. Au “Je est un autre” de Rimbaud, Cendrars répond “ Je suis l’autre”. Il rencontre Raymone qui deviendra sa compagne jusqu’à la fin de sa vie et reprend ses multiples activités et voyages ( France, Italie, Brésil via l’ Afrique).Puis Blaise Cendrars abandonne l’écriture de poèmes pour celle de romans dont le premier L’Or en 1925 rencontre un succès immédiat. De 1931 jusqu’au second conflit mondial, il est grand reporter. Très affecté par la guerre, il se retire en Provence et reste silencieux durant trois ans avant d’entamer avec L’Homme foudroyé , La Main coupée , Boulinguer et Le Lotissemnt du ciel , la rédaction de mémoires dans lesquels la réalité revisitée par l’imaginaire du poète donne naissance à une autobiographie mythique.Il meurt en 1961 après deux attaques d’hémiplégie, en 1956 et 1958.Si “pêle-mêle” et “tohu-bohu” comptaient parmi ses expressions favorites— dixit Philippe Soupault—Cendrars n’était pas homme à s’égarer. Tout au contraire sa capacité à étreindre le monde, l’entier du monde lui a permis de rejoindre le “cœur du monde”.Bernard Ascal(I) La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France que nous présentons ici est un long poème de 446 vers libres. Une incitation à l’aventure souvent rapprochée du Bateau ivre de Rimbaud. L’édition originale de 1913, se présente sous la forme d’un dépliant de deux mètres de hauteur. Les éléments colorés peints par Sonia Delaunay dialoguent avec le texte constitué d’ensembles à la typographie variée.Ce premier “livre simultané” est l’un des livres-objets majeurs du XXième siècle et sa reliure compte parmi les points de départ de l’abstraction géométrique. Impossible d’écrire ses lignes sur Blaise Cendrars sans ressentir la généreuse présence de Marc Robine qui l’aimait tant, sans entendre sa voix... Jehanne, Blaise, Marc ! Etes-vous “bien loin de Montmartre” ?
Texte : Blaise Cendrars / Musique : Mis en musique par Richard Graille
Chanté et dit par Le Cirage Acoustique
La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, écrite en 1913, retrace le voyage initiatique d’un jeune homme confronté à la cruauté de la vie, l’amour et la poésie.
Le désir d’interpréter “ La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France ” est intimement lié avec l’envie de révéler ma propre expérience. J’ai découvert ce poème au cours d’un voyage qui m’a profondément bouleversé. Ce projet a pris corps avec l’enthousiasme et l’amitié d‘Éric Recordier et de Vanhdy Siratana. Notre création peut être vécue comme une fresque sonore. A la manière d’un carnet de voyage, la musique fait surgir l’émotion du déplacement. Pour le dire avec Blaise Cendrars, nous sommes toujours en route…
Richard Graille
Vanhdy Siratana, Richard Graille, Eric Recordier
Vanhdy Siratana est un musicien ouvert aux tambours du monde. Sa pratique des percussions africaines, des musiques brésiliennes et du blues, avec M le Noir, sont autant d’expériences qui nourrissent son rapport personnel au rythme. De formation classique, Éric Recordier s’est vite laissé gagner par la rage et le swing de Mingus. Après avoir écrit des musiques pour des troupes des Balkans et du Caucase, ce musicien sensible accompagne un chanteur dans Bazarnaüm. Compositeur, Richard Graille chante ses propres textes ou se met, avec la même passion, au service d’auteurs (La Fontaine, Baudelaire, Rimbaud…). A la manière d’un coloriste, il construit son univers musical par touches juxtaposées.
L’exploration musicale d’œuvres littéraires, poésies, nouvelles, récits de voyage, réunit et anime ces trois musiciens. Leur aventure a commencé avec La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France de Blaise Cendrars. A la suite de l’accueil chaleureux du public, ils ont souhaité fixer ce poème dans l’espace sonore des nuits magnétiques. Leur seconde création, Rêve en transit, sur un texte de Richard Graille, se situe à la frontière du road-movie et du journal intime.
Remerciements :
Un grand merci au soutien de Miriam Cendrars et d’Anne Botella, à Laurence, compagne inspirée de ce voyage, au coup de crayon du bourlingueur Francesco, à Eckhard pour sa générosité enflammée, aux comédiens inoubliables de L’insolite traversée et du Molodiojni théâtre studio d’Oulan Oudé, au chaleureux accueil de Gare au théâtre, à Caro, à l’amitié de Filippe et Sylvestre, aux lumières de Delphine, James, Claude et Flo, à Patrick et Carole, Ségolène, Manu, Séb, Katia, Cyril, Agnès, Zoé, Pascale, Pat, Mathieu, Abdel, Fred et à toutes celles et ceux qui ont alimenté la locomotive…
Les ENREGISTREMENTS & Les MUSICIENS
La prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France
1. En ce temps-là j’étais en mon adolescence… |
3’20‘’ |
2. J’avais faim… |
1’53’’ |
3. En ce temps-là… |
3’22’’ |
4. Or, un vendredi matin… |
1’26’’ |
5. J’étais très heureux… |
1’51’’ |
6. Et pourtant… |
3’36’’ |
7. Du fond de mon cœur… |
4’07’’ |
8. Le ciel est comme… (2’46) |
2’46’’ |
9. Nous sommes loin… |
1’51’’ |
10. « Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? » |
1’26’’ |
11. Mais oui, tu m’énerves… |
0’40’’ |
12. « Dis, Blaise… |
2’20’’ |
13. Tu as les hanches angulaires… |
1’13’’ |
14. J’ai pitié… |
4’44’’ |
15. Jeanne… |
5’14’’ |
16. Effeuille la rose des vents… |
4’03’’ |
17.À partir d’Irkoutsk… |
2’06’’ |
18. J’ai vu… |
3’01’’ |
19. À Tchita… |
4’31’’ |
20. Tsitsikar et Kharbine… |
1’25’’ |
21. Ô Paris… |
7’07’’ |
62’06’’
Enregistré en « live » en janvier 2003.
Prise de son et mixage Arnaud Malandin
Voix, guitare : Richard Graille. Contrebasse : Éric Recordier. Batterie et percussions : Vanhdy Siratana. Voix de Jehanne Laurence Chevillat.
Avec la participation artistique d’ Eckhard Spillmann
© MIRIAM CENDRARS - P 2003 ANACHRONIQUE