Accueil - Disques - DVD - Livres - Jeunesse
(1886 - 1958)
Bien qu’il soit né à l’autre bout du monde (Nouméa), l’image de Francis Carco reste à jamais associée à cette bohème montmartroise et blagueuse qui fit les belles heures du fameux cabaret du Lapin Agile, à la veille de la Première Guerre mondiale. Un véritable creuset de talents divers, pour la plupart encore inconnus (bien que souvent appelés à devenir célèbres : Mac Orlan, Picasso, Max Jacob, Roland Dorgelès, Utrillo, Marie Laurencin, Gaston Couté, etc.) ; souffrant d’une même misère, mais soudés par une chaude amitié (“ ce grand bien d’être ensemble ” selon le mot de l’un d’eux), le même amour des chansons, un penchant partagé pour le vin des vignes de la Butte, violacé et tachant comme de l’encre, et - surtout - un même goût immodéré pour les canulars. D’ailleurs Carco et quelques autres se réclameront bientôt d’un courant poétique qu’ils baptiseront “ fantaisiste ”.
Outre Carco lui-même, les fondateurs et principaux animateurs de cette “ Ecole fantaisiste ” seront Tristan Derème et Robert de La Vaissière, ses condisciples au lycée d’Agen, ou Jean Pellerin rencontré à Grenoble ; car, de Nouméa à Montmartre, la jeunesse de Francis Carco fut une longue errance liée aux impératifs de la carrière administrative de son père. Un cheminement de vie sans véritables racines, où les repères géographiques n’auront finalement que peu d’importance au regard de ceux de l’affection, de la tendresse, de l’amitié et de la fidélité. Romancier de l’aventure urbaine, comme le seront ses amis Cendrars et Mac Orlan, Francis Carco reste - comme eux - poète jusque dans le ton de sa prose. Une poésie naturelle, marquée d’un lyrisme à la fois rêveur, pathétique et réaliste où se devinent les influences croisées d’auteurs aussi différents que Villon, Francis Jammes, Nerval ou Apollinaire, ainsi qu’un attrait prononcé pour les complaintes populaires. Sur ce point, certains de ses recueils porteront des titres on ne peut plus explicites : Chansons aigres-douces, Petits airs, etc.; et, bien avant que des succès comme “ Le doux caboulot ” (créé par Marie Dubas, en 1931) ou “ Chanson tendre ” ne soient sur toutes les lèvres, Carco n’hésitait pas à grimper sur les tables du Lapin Agile pour y pousser lui-même la rengaine.
Presque toute la poésie de Francis Carco est empreinte d’une mélancolie profonde où se mêlent des amours fugitives et manquées, la douleur lancinante de la disparition des amis (le plus souvent fauchés par l’effroyable boucherie de 14-18) et, plus encore que la peur de la mort, la nostalgie d’une époque insouciante et heureuse mais désormais enfuie : celle de sa jeunesse et de ses années de bohème. Les auteurs romantiques associaient volontiers les paysages à leurs états d’âme, et ce penchant se retrouve avec constance dans les vers de Carco, souvent mouillés de pluie et prenant volontiers pour décor des bars où l’alcool a le goût de la solitude. Un univers d’ombres et de lassitude, où les rues résonnent du pas solitaire de passants furtifs fuyant leurs propres fantômes.
Elu membre de l’Académie Goncourt, en 1937, Francis Carco mourra à Paris, en 1958.
Marc Robine
Les ENREGISTREMENTS & Les MUSICIENS
* Enregistrée en 1949. Orchestre sous la direction de Robert Chauvigny.
** EPM / BALTIMORE-ORENOQUE - P 2002.
Enregistrées au Studio Baltimore (46260, Limogne), par Serge Bouzouki.. Direction artistique et réalisation : Marc Robine. Guitare folk et harmonica : Tonio Gémème. Guitare espagnole : Hélène Triomphe. Accordéon diatonique : Patrice Lacaud. Violon, flûtes : Patrick Le Mercier. Basse, bouzouki, ////, : Serge Bouzouki. Percussions : Colombe Frézin. Piano et accordéon piano : Christophe Rohr. Guitare ténor, banjo cinq cordes, guimbarde : Marc Robine.
*** Production Monique Morelli - P 1968.
Orchestrations et direction d’orchestre : Daniel White. Accordéon : Lino Léonardi.
**** Production EPM - P EPM 1992.
Enregistrés au Studio Francis Lemarque (94430, Chennevières), par Jacques Dompierre.
° Enregistrée à New-York, en août 37.P 1937
Orchestrations et direction d’orchestre : Norman Cloutier.
°° Enregistrée en Septembre P1935.
Orchestrations et direction d’orchestre : P. Devred.