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RENE GUY CADOU (1920 - 1951)

La vie n’a pas accordé beaucoup de temps à René Guy Cadou… Ni même beaucoup d’espace, puisque l’essentiel de son existence tourne à l’intérieur d’un polygone de quelques dizaines de kilomètres de côtés. Un polygone ne dépassant jamais les limites de la Loire-Inférieure (comme cela se disait  à l’époque), et dont chaque sommet porte le nom d’une école. Sainte-Reine-de-Bretagne, tout d’abord, où son père est instituteur, et où il naît le 15 février 1920, au cœur du marais de Brière. Cardurant, faubourg de Saint-Nazaire  où la famille s’installe en 1927, quand le père est nommé directeur de l’école locale ; puis Nantes où le garçon entre au lycée, en 1930.

Dix ans plus tard, devenu instituteur à son tour, sa toute première affectation le mène à Mauves-sur-Loire, à quelques kilomètres en amont de Nantes. Suivront, au hasard des mutations et des caprices de l’académie : Bourgneuf-en-Retz, Saint-Aubin-des-Châteaux, Pompas-d’Herbignac, Saint-Herblon et Clisson. Une moyenne d’un poste par an, jusqu’à cette rentrée scolaire d’octobre 1945 où il s’installe à Louisfert. Il y vivra quelques années de bonheur intense, en compagnie d’Hélène : jeune poétesse rencontrée à Nantes, le “ 17 juin 1943 ”, à laquelle il dédiera quelques uns des plus beaux poèmes d’amour qui soient, et ce qui reste sans doute son recueil essentiel : Hélène ou le Règne végétal . En dépit de cet amour et de ce bonheur partagés, Louisfert sera la fin de son parcours. C’est là, en effet, qu’il ressent, dès l’été 1946, les premières manifestations de la maladie qui devait l’emporter à trente et un ans, le 20 mars 1951, à la veille du printemps.

Une conscience de la Mort à venir que l’on retrouve désormais - explicitement ou derrière l’écorce des mots - dans la plupart de ses poèmes, mais qui, en fait, remonte au plus profond de son enfance. Car le jeune Cadou fut orphelin de bonne heure. De sa mère, tout d’abord, qui mourut alors qu’il n’avait que douze ans ; puis de son père quelques années plus tard.

Dans l’intervalle, il commence à écrire ses premiers poèmes vers l’âge de quinze ans, et publie son premier recueil (Les brancardiers de l’aube) alors qu’il vient juste d’en avoir dix-sept. Il se lie alors avec Max Jacob, dont il fera une sorte de père spirituel, et le libraire nantais Michel Manoll qui l’introduit auprès d’un groupe de jeunes poètes dont la plupart se retrouveront au sein de ce qui deviendra “ l’Ecole de Rochefort ”, à partir de 1941, sous l’impulsion de Jean Bouhier et de Cadou lui-même.

Tour à tour émerveillée et douloureuse, tendre, familière et sensible, pleine de réalisme, de simplicité, de lyrisme et de fraîcheur, la poésie de René Guy Cadou est un creuset d’images fortes où l’amour de la vie et de la nature se mêle à la mélancolie des paysages, à la douceur des bêtes, aux brisures de l’enfance, à  l’amitié des hommes de cœur, à la compassion pour les humbles, à l’amour fou d’Hélène et à l’obsession de la Mort. Avec, en filigrane, une constante invitation au voyage, totalement surprenante chez ce grand sédentaire.

Marc Robine

Les enregistrements :

* Production Louise-Hélène France P 1997.

Enregistrée au studio Igloo (Bruxelles) par Daniel Léon. Arrangement, direction musicale et piano : Jean-Luc Manderlier. Guitare : Patrick De Schuyter. Violoncelle : Jean-Pol Zanutel. Contrebasse : Philippe Corman.

** Production EPM P 2001.

Enregistrées au Studio Baltimore (46260 Limognes) par Serge Bouzouki. Direction artistique et réalisation, Marc Robine, pour EPM. Guitare classique, claviers : Hélène Triomphe. Accordéon diatonique : Patrice Lacaud. Bouzouki, basse fretless, guitare folk, piano : Serge Bouzouki.Accordéon chromatique : Christophe Rohr. Banjo 5 cordes, guitare ténor  : Marc Robine.

*** Production Morice Benin & Le Petit Véhicule P 1990.

Arrangements : Michel Goubin.

**** Production EPM & Anne Sylvestre P 1997.

Enregistrées au Studio VLM (Lyon), par Christophe Allègre. Arrangements et direction musicale : Jean-Luc Michel. Piano : Jean-Luc Michel. Clarinette : Bruno Sansalone. Chœurs  sous la direction d’Elisabeth Ponsot.

***** Production Martine Caplanne P 2000.

Enregistrées par Christian Laborde. Guitares : Martine Caplanne, Philippe Ferrière. Guitare et claviers : Christian Laborde. Contre-chant : Dalila Azzouz.

 

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