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Charles BAUDELAIRE
(1821 – 1867)
Charles Pierre Baudelaire naît à Paris en 1821. Il a six ans lorsque son père décède. Sa mère se remarie avec le commandant Aupick dont la rigidité s’accorde mal avec le caractère du jeune Charles. Elève à Lyon puis à Paris. Il a déjà écrit de nombreux vers lorsqu’il devient bachelier en 1839. Inscrit à l’Ecole de droit , il fréquente le monde littéraire, rencontre Nerval, Latouche, Le Vavasseur, etc. Il mène une vie très libre et dispendieuse. Afin de l’en soustraire, un voyage vers les Indes lui est imposé par sa famille, mais à l’escale de la Réunion, Baudelaire décide de rentrer. À son retour, en 1842, il entame une liaison tumultueuse mais qui durera toute sa vie avec une mulâtresse, Jeanne Duval, et s’initie à l’usage des drogues. Majeur, il réclame l’héritage de son père. En deux ans, près de la moitié du capital est dilapidé et sa mère l’assujettit à un conseil judiciaire qui, jusqu’à son décès, lui verse une modeste rente mensuelle. Dès lors, Baudelaire vit chichement et complète tant bien que mal ses revenus par des articles de critique d’art ( dans le Salon de 1846 il fait l’éloge de Delacroix et s’en prend à l’officiel Horace Vernet, beaucoup plus tard il sera l’ardent défenseur de Richard Wagner) par ses importantes traductions de Edgar Allan Poe dont il découvre l’œuvre en 1847, et par des emprunts réguliers à sa mère. Il participe aux journées insurrectionnelles de juin 1848 puis, à la suite du coup d’état du 2 décembre 1851, se déclare « physiquement dépolitiqué ». De 1852 à 1854 il tente de rompre avec Jeanne Duval et adresse, anonymement, des poèmes à l’idéalisée Madame Sabatier dont il fréquente les dîners en compagnie de Sainte-Beuve, Gautier, Flaubert. En 1856 paraissent en volume ses traductions des Histoires extraordinaires d’ Edgar Poe. Ce sera, de son vivant, son plus gros succès, puisque en 1864 l’ouvrage en sera à sa cinquième édition. En 1857, le 25 juin, son recueil Les Fleurs du mal est en librairie. Le 6 août, l’auteur et l’éditeur sont condamnés pour outrage aux bonnes mœurs (la réhabilitation n’aura lieu qu’en 1949) et 6 poèmes doivent être retirés. En 1861 paraissent successivement une seconde édition des Fleurs du mal augmentée de 35 nouveaux poèmes puis, le premier ensemble des Petitspoèmes en prose. Dans cette même période son état de santé se dégrade : un accident cérébral en 1860 et de nouvelles manifestations en 1861 et 1862 d’une ancienne syphilis. Baudelaire, en butte par ailleurs à ses créanciers, se rend longuement en Belgique pour donner des conférences et chercher un nouvel éditeur. En 1866, après une chute il devient hémiplégique, puis aphasique. Il succombe le 31 août 1867.
Petit enfant de l’univers EPM 197 573 2
Le phare de la Défense EPM 197 574 2
Les portes de l’enfer EPM 197 578 2
L’enfant du Liban EPM 197 572 2
Le cosmonaute EPM 197 576 2
Lettres ouvertes EPM 198 942 2
Ma compilation EPM 197 575 2
On rêve EPM 197 577 2
Chansons à part EPM 301 678 1
L’impasse EPM 301 725 9
Baudelaire : Les Fleurs du mal
Volume 1 EPM 301 702 2
Volume 2 EPM 301 738 0
L’intégrale À paraître
Les ENREGISTREMENTS
&
Les MUSICIENS
Réalisation, programmation, mixage, masterisation & saxophone : Pierre-Louis Cas. Guitares : Joël Roulleau. Basses : Alain Charriras. Accordéon : Jacques Ferchit.
P EPM 2005 - 2006
Charles BAUDELAIRE
Dans sa vie sociale, Baudelaire se dissimule et s’abrite derrière le masque du dandy, du cynique ou du provocateur : « avez–vous mangé de la cervelle de petit enfant ? ». Dans ses écrits et notamment dans Les Fleurs du mal, il en va tout autrement : « Dans ce livre atroce, j’ai mis tout mon cœur, toute ma tendresse, toute ma religion (travestie), toute ma haine ». Baudelaire inscrit les vers de ce recueil dans la continuité de l’héritage classique et l’architecture des poèmes dans une rigueur dont peu de romantiques peuvent se prévaloir. Par contre, il malmène à souhait la chair même des poèmes en congédiant la nature au profit des métropoles et de leurs multitudes humaines, en expulsant l’amour de sa sphère élégiaque pour le jeter en pâture au sarcasme et à un érotisme cruel, en convoquant pour d’ironiques danses macabres des créatures sorties d’outre-tombe ou des bas-fonds de la ville. Ce n’est que plus tard, après avoir lu Aloysius Bertrand, que sa quête d’une forme nouvelle « musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience » se concrétisera dans les Petitspoèmes en prose. Ceux-ci influenceront profondément les œuvres de Mallarmé à Valéry, de Claudel à Pierre Jean Jouve ou celle de Max Jacob.
Baudelaire est un précipité de contradictions : « je suis semblable aux autres hommes », « sentiment de destinée éternellement solitaire », « il y a en tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan ». Il est en proie au spleen mais refuse de se laisser écraser, se rebelle contre l’ordre social et les conventions bourgeoises. Il oscille entre l’extase et le gouffre, vitupère contre le progrès, ce « fanal obscur », mais sans perdre sa lucidité : « quant à moi qui sens quelquefois en moi le ridicule d’un prophète ». En dépit de l’absence d’horizon, de l’impossibilité de s’évader si ce n’est par la mort, Baudelaire ne renonce pas. C’est un lutteur. De la perte, du mal constitutif, il extraira le beau. S’il y a une victoire possible, ce sera celle du verbe.
« Je suis la plaie et le couteau ! / Je suis le soufflet et la joue ! / Je suis les membres et la roue, / Et la victime et le bourreau ! ». À ce prix, le poète transmue parfois la boue en or.
Charles Baudelaire
Bibliographie originale sélective
1845 Salon de 1845
1846 Salon de 1846
1847 La Fanfarlo
1851 Les Limbes (dans le Messager de l’Assemblée)
Sous ce titre sont rassemblées 11poèmes des futures Fleurs du Mal
1856 Histoires extraordinaires (traduction de E.A. Poe)
1857 Les Fleurs du mal
Nouvelles histoires extraordinaires (traduction de E.A. Poe)
1858 Les Aventures d’Arthur Gordon Pym(traduction de E.A. Poe)
1859 Théophile Gautier
1860 Les Paradis artificiels
1861 Les Fleurs du Mal(2ème édition augmentée de 35 poèmes nouveaux)
Petits poèmes en prose
Réflexions sur quelques uns de mes contemporains
Richard Wagner et Tannhäuser à Paris
1863 Eureka (traduction de E.A. Poe)
1865 Histoires grotesques et sérieuses(traduction de E.A. Poe)
1866 Les Épaves
Nouvelles Fleurs du Mal(dans le Parnasse Contemporain)