1880 - 1918
Guillaume Apollinaire de Kostrowitsky naît à Rome en 1880 de père inconnu — un noble italien probablement — et d’une mère d’origine polonaise qui fréquente assidûment les tables de jeu. En dépit d’une scolarité régulière à Monaco, Cannes puis Nice, il échoue en 1897 au baccalauréat. Rompant avec les études, il lit abondamment, découvre la poésie de son temps, s’essaie à traduire Boccace. En 1899, Madame de Kostrowitsky et ses deux fils ( Guillaume et son frère né en 1882) quitte Monaco pour Aix-les-Bains, Lyon, Paris, Stavelot ( près de Spa et de son casino) avant de se fixer à Paris. Contraint de gagner sa vie , Guillaume devient « nègre » pour un feuilletoniste, puis part un an (août 1901- août 1902) en Allemagne en tant que précepteur. Il tombe amoureux de Annie Pleyden, la gouvernante de son élève, qui repousse ses avances. De retour en France, après avoir traversé Berlin, Dresde, Prague, Vienne, Munich, il devient employé de banque et fait la connaissance d’André Salmon, d’Alfred Jarry puis de Derain, Vlaminck et Picasso. En 1905, l’échec définitif auprès d’Annie Pleyden le plonge dans une crise dont il n’émerge qu’en 1907. Il quitte alors le domicile maternel, abandonne la banque et se lie avec Marie Laurencin. Il écrit dans les journaux les plus divers — du Financier à La Culture physique — multiplie les articles de critique, les présentations de catalogue ( Georges Braque) , publie sous le manteau Onze mille verges , préface les textes libertins de la collection « Les Monstres de l’Amour » dont ceux du Marquis de Sade.
Parallèlement, ses poèmes et ses contes paraissent en revue au fur et à mesure de leur écriture, ainsi en 1909 « La Chanson du mal aimé ».
Au terme de plusieurs mois de conflits, Marie Laurencin l’abandonne en juin 1912, le laissant à nouveau effondré. Il corrige cependant les épreuves d’Alcools , rencontre Blaise Cendrars qui le présente à Sonia et Robert Delaunay.
En relation avec les futuristes italiens et le groupe berlinois de « Der Sturm » il est de plus en plus mêlé à l’avant-garde, en peinture comme en poésie.
En 1914 sont publiés ses premiers « idéogrammes » (les futurs « calligrammes »). Dès la déclaration de guerre, il dépose une double demande : d’engagement (il est incorporé en décembre 1914) et de naturalisation (qu’il obtient en 1916). Il vit auprès de Louise de Coligny-Chatillon, « Lou », une liaison aussi brève que passionnée. Il participe à l’offensive de septembre 1915 et, fantassin dans les tranchées, est blessé le 17 mars 1916 d’un éclat d’obus à la tempe. Après une longue convalescence, il est affecté dans les bureaux à Paris ce qui lui permet de revenir à la vie littéraire. Il fait représenter en juin 1917 Les Mamelles de Tirésias , prépare la parution de Calligrammes et devient une référence pour une nouvelle génération de poètes ( Soupault, Breton, Tzara, Reverdy, Albert-Birot, etc…) . Il épouse en mars 1918 Jacqueline Kolb mais atteint par l’épidémie de grippe espagnole, il meurt le 9 novembre 1918.
« Placé au centre de son temps comme une araignée au centre de sa toile » selon Ribemont-Dessaignes , Apollinaire, esprit éclectique, réceptif et confiant dans les recherches des peintres de son époque, est le premier à consacrer un ouvrage au cubisme, et tout à la fois, il se rallie au futurisme et soutient le Douanier Rousseau.
Son œuvre, qui peut être rattachée par nombre d’aspect à la tradition, intègre et développe toutes les expérimentations de son temps. Elle constitue le passage obligé entre le symbolisme et l’émergence du dadaïsme puis du surréalisme.
ALCOOLS
Alcools , publié en 1913, regroupe des poèmes écrits de 1898 à 1913 déjà parus en revue pour la presque totalité. Au dernier moment, lors de la correction des épreuves d’imprimerie, Apollinaire décide de supprimer la ponctuation, manière d’affirmer, selon lui, l’unité du vers.
L’ensemble est composite. Il va du vers unique du poème « Chantre » aux 295 vers de « La Chanson du mal aimé ». Les vers classiques — l’alexandrin et l’octosyllabe — voisinent avec le vers libre et des bribes d’échanges issus de la vie quotidienne qui donnent naissance au poème-conversation tel « Les Femmes ».
Cela vaut au recueil d’être traité de «boutique de brocanteur » par Georges Duhamel. C’est négliger deux vers essentiels du premier poème « Zone » qui font figure de manifeste :
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
De cet assemblage — la conjonction des contraires, les changements d’échelle, les éléments en expansion, la dénonciation des apparences, la confusion entre le vrai et le faux, le jeu du découpage, du morcellement — naît un nouveau vocabulaire en résonance avec les avancées picturales qui mènent du pointillisme de Signac aux prémices du dadaïsme en passant par le cubisme de Picasso.
Chanteuse et contrebassiste née en 1977 qui, après de longues études classiques (Maîtrise de Radio France, Conservatoire National de Région de Paris) cultive son jeu improvisé au fil des rencontres : en danse avec la compagnie Al Masîra de Virginie Recolin ; en littérature avec Jocelyn Bonnerave. Elle a enregistré pour France-Culture la 2ème partie des Souvenirs de guerre de Jean Thibaudeau.
Elle fait partie du groupe IXO, quartet d’Alexandre Authelain. Tous deux participent au stage de Joëlle Léandre où ils rencontrent Gaël Ascal avec qui ils cherchent avec lui une forme mi-écrite, mi-improvisée pour mettre de la poésie en musique.
Il a toujours pratiqué ensemble l’écriture, la musique et la peinture. Cette dernière, présentant de fortes connivences avec le surréalisme, fut son activité dominante jusqu’au milieu des années 80. Depuis 1986, il crée des spectacles autour de la poésie, de celle des années 1920 à celle d’aujourd’hui, notamment : en 1993 Six poètes surréalistes (J. Arp, M. Leiris, J. Mansour, B. Péret, R. Queneau, P. Soupault), en 1999 L’étreinte du monde (de et avec Abdellatif Laâbi), en 2000 Fleuve Atlantique (onze poètes de l’Afrique noire et des Antilles : d’A. Césaire, L.S. Senghor. L. G. Damas à V. Tadjo et T. Boni). En 2002, il publie une anthologie consacrée à 12 poètes de l’actuelle francophonie Tout l’espoir n’est pas de trop aux éditions Le Temps des cerises. Ce recueil donne naissance à un CD intitulé12 poètes francophones, dans la collection Poètes et Chansons dont il assure également la direction artistique. Il travaille actuellement sur les poésies de Le Corbusier pour la même collecti
Julos BEAUCARNE
Né en 1936, à Écaussinnes, en Belgique.
Ancien professeur de gymnastique puis d’art dramatique, il commence à écrire ses premières chansons en 1958 et débute en public en 1961. La Belgique qu’il revendique (wallonne) est, en quelque sorte, à l’opposé de celle d’un Brel (flamande) ; ce qui le pose bientôt en influence majeure d’une nouvelle forme de chanson belge d’expression française. Sa passion pour la poésie apparaît dès ses premiers albums où, avec un bel éclectisme, il chante ou dit Baudelaire, Péguy, Shakespeare, Fondane, Elskamp, Wouters, Rostand, Hugo, Claudel, Ramuz, Tardieu, Molière ou le troubadour Peire Vidal. Depuis, son abondante discographie s’est également ouverte à Verlaine, Saint-Exupéry, Eluard, Cros, Nadaud, Supervielle, Cadou, Obaldia, Daudet, Apollinaire, Desbordes-Valmore, Carco, Hikmet, Félix Leclerc et bien d’autres. Il a consacré aux Poètes belges un CD pour la collection Poètes & Chansons.
Léo FERRÉ
Né en 1916, à Monaco.
Premier auteur de chansons à avoir été admis (dès 1962) dans la prestigieuse collection Poètes d’aujourd’hui, dirigée et publiée par Pierre Seghers, il affirmait avec obstination que la poésie devait être portée “ sur les pianos du cœur et les violons de l’âme… ”. Aussi, en marge de son propre univers poétique, mit-il toujours son formidable talent de musicien au service de la poésie des autres.
À onze ans, il compose sa première mélodie sur un poème de Verlaine “ Soleils couchants ”. En 1953, il écrit un oratorio pour soli, chœurs et orchestre ” à partir de « La Chanson du mal aimé » d’Apollinaire. L’œuvre sera créée à l’Opéra de Monte-Carlo, en avril 1954, à l’initiative du Prince Rainier. Par la suite, il consacrera des albums entiers à Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, Aragon et Jean-Roger Caussimon, mettant ainsi “ la poésie dans la rue ”, selon une expression qui lui était chère. Installé en Toscane, depuis la fin des années 60, il s’y éteindra, au milieu des siens, de ses vignes et de ses oliviers, le 14 juillet 1993.
Patrick HAMEL
Né en 1956, à Rouen.
Comédien, musicien et chanteur, il commence par suivre les cours du théâtre des Deux Rives, avant de fréquenter l’école de jazz du CIM. Par la suite, ses professeurs d’art dramatique seront Paul Boujenah, Michel Galabru et Michel Voutsinas. Multi-instrumentiste (saxophones, flûte, guitare et piano), il joue successivement au sein de la « Compagnie Bernard Lubat » et des groupes « Urban Sax », « Sweet Jazz From Hollywood », « Les Bêtes à cornes » et « Paris-Montréal », faisant son apprentissage d’auteur-compositeur avec ces deux dernières formations. Cette expérience de l’écriture l’amènera à concevoir deux spectacles de théâtre musical pour jeune public (La Planète enchantée et la Forêt musicale). Aujourd’hui, il propose un spectacle de Chants poétiques s’articulant autour de Baudelaire, Verlaine et Rimbaud.
François RASCAL
Né en 1963, à Orléans.
Ses activités de chanteur-compositeur se partagent entre l’interprétation de son propre répertoire et la mise en chansons des œuvres de poètes comme Éluard, Verlaine, Apollinaire, Reverdy, André Spire, ou le joyeux Marc-Antoine de Saint-Amant, rimeur ripailleur et fantaisiste du XVIIe siècle. En 1994, il commence à se produire avec le groupe « Orfeu Indigo », en compagnie duquel il enregistrera un premier CD autoproduit (1998). En parallèle, il crée, avec le comédien Éric Cénat, un spectacle intitulé Boris et Boby, autour de textes, poèmes et chansons de Vian et de Lapointe. Début 2003, il s’associe à l’accordéoniste Arnaud Méthivier, pour monter Les Ingénu(e)s : spectacle constitué de “ poésies devenues chansons ”, objet d’un album distribué par EPM.
Marc ROBINE
Né en 1950, à Casablanca.
Auteur, compositeur et interprète, mais également journaliste à la revue Chorus et historien de la chanson, Marc Robine est l’auteur de nombreux ouvrages dont l’Anthologie de la chanson française traditionnelle - des trouvères aux grands auteurs du XIXe siècle et la biographie Grand Jacques le roman de Jacques Brel. Ces deux œuvres furent récompensées par le Prix de l’Académie Charles Cros. Co-auteur, avec Jean Queinnec et François Dacla de l’Anthologie de la chanson française enregistrée (soixante-quinze CD parus chez EPM), il assurait avec ce dernier la direction de la présente collection. Victime d’une maladie fulgurante, il nous a quitté en août 2003 et cette collection lui est maintenant dédiée.
Né en 1965 à la Guadeloupe, il reçoit à l’École Normale de Musique de Paris (1984-1991) une très sérieuse formation de pianiste classique. En 1994 il met en musique les textes du poète Guy Tirolien et en 1996, présente ses propres chansons dans les « petits lieux » de Paris. En 2003, il aborde l’œuvre poétique de Max Rippon avec lequel il prépare un livre-disque pour 2005. Actuellement, il est professeur de piano et compose de nombreuses pièces pour trio de guitares.
Les ENREGISTREMENTS & Les MUSICIENS
+ LA MÉMOIRE ET LA MER P 1990
Production et réalisation Léo Ferré. Orchestre Symphonique de Milan sous la direction de Léo Ferré.
++ LA MÉMOIRE ET LA MER P 1984
Production et réalisation Léo Ferré. Enregistrement au Théâtre des Champs Élysées, au piano Léo Ferré.
+++ LA MÉMOIRE ET LA MER P 1986
Production et réalisation Léo Ferré. Enregistrement au TLP Dejazet, au piano Léo Ferré.
* RYM MUSIQUE P2003
Réalisation et direction musicale Marc Robine et Serge Bouzouki. Enregistré au studio Baltimore (Limognes). Guitares : Hélène Triomphe. Percussions et choeurs : Colombe Frézin. Bouzouki, tanbur, cymbales et claviers : Serge Bouzouki
** OUVEM’AZULIS P 2003
Enregistré en 2002 & 2003 par Terence Briand au studio Luna Rock (Orléans), Nyima (St. Jean-le-Blanc) et mixé au studio Nyima. Guitare : François Rascal. Arrangements, accordéon, bandonéon : Arnaud Méthivier.
*** LHF PRODUCTION P 1997. Enregistré au studio Igloo (Bruxelles)par Daniel Léon. Arrangements, piano : Jean-Luc Manderlier. Flutes, percussions : Ariane de Bièvre. Guitares : Patrick de Schuyter. Contrebasse : Philippe Corman. Hautbois : Alain Lovenberg. Violoncelle : Jean-Pol Zanutel. Clarinette : Philippe Leblanc.
***** ODÉON P 1950
° Bernard ASCAL P 2004. Enregistré à Rouen les 12 et 13 juillet 2004 au studio « La Boulangerie » par Jean-Michel Charbonnel. Mixage : Jean-Michel Charbonnel et Jean-Baptiste Gaudray. Saxophone en ut et clarinette (sur Crépuscule): Philippe Dourneau. Contrebasse : Jean-Michel Charbonnel. Piano : Sylvain Durand.
°° URBAIN P 2004. Enregistré au studio Sysmo à Paris en juillet 2004 par Dominique Samarq et mixé par Stephan Côme. Piano : Urbain.
°°° EPM-RENARD P 2004. Enregistré et mixé au studio Baltimore (46260 Limogne). Enregistrement, mixage, direction artistique et réalisation : Serge Bouzouki. Guitare acoustique : Patrick Hamel. Guitare électrique, harpe, basse & batterie : Serge Bouzouki.
°°°° DABROWSKI-AUTHELAIN-ASCAL P 2004
Enregistré et mixé à Flogny-la-Chapelle par Alexandre Authelain en collaboration avec Elise Dabrowski et Gaël Ascal. Clarinette : Alexandre Authelain. Contrebasse : Gaël Ascal.
°°°°° Bernard ASCAL P 2004
Enregistré et mixé à Villemomble en décembre 2004 par Gaël Ascal. Piano : Sylvain Durand. Violoncelle : Hugues Vincent.