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POÈMES D’AMOUR

Anthologie

Parlez-moi d’amour…

 Parlez-moi d’amour… disait la chanson. Les poètes le font à toutes les époques et sous tous les climats. En France, depuis le Moyen-Âge, et singulièrement depuis le temps des troubadours, l’amour occupe le plus clair des pensées des poètes français. Les poètes ont contribué à éduquer notre sensibilité et à faire évoluer nos mœurs amoureuses. Ils ont appris au désir jovial mais souvent brutal (tel que l’exprimaient les fabliaux du Moyen-Âge) à contenir son expression, à se sublimer, à se changer en compliment, en madrigal, en prière ou en plainte.
Dans les cours du pays d’Oc, entre deux croisades, ils ont dès le XIIème siècle, instauré un véritable culte voué à la Femme, à l’amour parfaite… et lointaine. Religion nouvelle, née au contact des Arabes et nourrie du fond des légendes celtes, l’amour courtois n’allait pas sans rituel ni convention. Il nous est devenu aujourd’hui largement lointain et même parfois étranger, mais il a marqué et marque toujours la figure de l’Amour dans notre société.
La Pléiade, influencée par les Italiens, a redécouvert l’Antiquité, sa verdeur (celle des poètes latins) et aussi le sens de l’élégie hérité des grecs, ou de Properce, et le haut langage de Pétrarque.
Le XVIIème siècle a fait monter sur les planches des théâtres les grands sentiments de l’amour déchiré entre la passion et le devoir, souvent drapés encore dans les habits antiques, mais il fut aussi celui ou l’amour bourgeois ( et sa satire) a fait ses premiers pas.  
Le XVIIIème, contrairement à une idée répandue, ne fut pas un siècle sans poésie. L’épigramme satirique ( pour blesser un rival ou se venger d’une belle) et l’esprit libertin y fleurissent, dans le même temps que la sensibilité romantique se fraye un chemin, comme une source sous la mousse.
C’est au XIXème siècle, et plus encore peut-être  au XXème avec les surréalistes, que le culte de l’Amour atteint sans doute son sommet.
Détaillant la Carte du Tendre, les poètes du passé ont accumulé un trésor de dialectique amoureuse, pour percer les secrets de cette « douce peine », qui révèle une grande connaissance de la psychologie, ou si on préfère, de l’âme humaine.
Souvent les poètes français, exaltant le sentiment amoureux, ont aussi chanté le malheur d’aimer. L’amour serait un événement que la raison ne peut contrôler, un don des Dieux, miracle et malédiction… L’amour serait un coup de foudre qui fait les amants se consumer. Cette vision d’un certain romantisme imprègne toujours la conception courante que l’on se fait de la chose.
S’élevant vers la perfection de l’absolu, l’amour est menacé, comme Icare, par la chute, la déception et le désespoir. L’individu, être limité qui cherche toujours son autre moitié, serait  toujours condamné à la solitude.  
Cette idéalisation marque notre héritage, pour le meilleur et pour le pire. Elle porte l’amour au plus haut mais le conduit souvent à l’échec, non seulement de la poésie mais dans la vie réelle des individus. Séparant le corps et l’esprit, elle s’accompagne, (si elle ne s’en accommode), de toute une zone, « hors barrières », où se réfugie le sexe : hier la littérature licencieuse, aujourd’hui les films pornographiques, où le plaisir est réduit à l’acte et à la technique, et le plus souvent, à la performance mécanique.
On remarquera la voix assez différente des femmes, du  Moyen-Âge à la Renaissance surtout ; la franchise du désir, le ton de sincérité et l’idée souvent plus concrète de l’amour qu’expriment celles qui prennent la plume. Mais leur voix dans notre histoire poétique se fait entendre de loin en loin et jusqu’à aujourd’hui, il en est beaucoup qui n’ont pu se faire reconnaître et qui reste à découvrir.
On verra aussi qu’à toutes les périodes, chez les meilleurs, la poésie amoureuse bouscule les conventions et les conformismes et sait être à la fois concrète et élevée, physique et sentimentale, personnelle et universelle.
On pourra percevoir, si on le souhaite, comment se fait jour une idée somme toute assez nouvelle de l’amour et qui n’en est qu’à ses débuts, l’idée d’un amour simple et nécessaire que les hommes et les femmes, enfin égaux, s’inventent pour vivre au mieux sur cette terre et produire ce qu’on nomme toujours le bonheur.

Francis Combes.
Extrait de 101 Poèmes sur l’amour. Éditions Le Temps des Cerises

Les ENREGISTREMENTS

CD 1

(1) P 1949 Éditions Énoch
(2 - 16) P 1992 EPM Studio F. Lemarque. Direction Marc Robine
(3) P 1951 Éditions Énoch
(4 - 8) P 1956 Pacific / Marc Ogeret
(5) 1951 Philips
(6) P 2004 EPM /  Renard. Direction Serge Bouzouki
(7) P 1970 Saravah
(9) P 1978 Hélène Martin
(10) P 1986 La Mémoire et la Mer / Léo Ferré
(11 - 18) P 1954 Pathé
(12) P 1978 Monique Morelli.
(13) P 1937 New York. Orchestre Norman Cloutier.
(14) P 1969 Louise Hélène France
(15) P 1951 Philips. Orchestre Oswald d’Andrea
(17) P 1953 Éditions Méridian
(19) P 1976 Louise Hélène France
(20) P 2002 EPM / Renard
(21) P 1983 Hélène Martin
(22) P 2004 EPM. Réalisation Pierre Louis Cas
(23) P 1953 Philips
(24) P 1976 Hélène Martin

CD 2

(1) P 1997 EPM / Anne Sylvestre
(2) P 1975 Louise Hélène France
(3) P 1998 Productions Spéciales
(4 - 8) P 1989 Louise Hélène France
(5) P 1975 Paroles de Dimey
(6) P 1970 Hélène Martin
(7) P 1951 Philips
(9) P 1997 Louise Hélène France
(10) P 1954 BAM
(11) P 2006 Bernard Ascal
(12) P 1988 Velen
(13) P 1978 Monique Morelli
(15) P 1993 Velen
(16) P 2004 Bernard Ascal
(17) P 1967 Jean Vasca
(18) P 1979 INA / Mots et Merveilles
(19) P 2003 EPM / Renard
(20) P 1975 Monique Morelli. Argts. Lino Léonardi
(21) P 1975 EPM / Renard
(22 - 14) P 1988 Hic & Nunc / Pivoine
(23) P1975 Hélène Martin. Argts. Jean-François Gaël
(24) P 2002 Envers et Contre Muses
(25) P 2003 Bernard Ascal
(26) P 1955 BAM
(27) P 1979 Cézame-Argile
(28) P 1968 Saravah

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